Lana del Rey – Born to die
Depuis son apparition sur le web l’été dernier, tout a été dit sur Lana del Rey (née en juin 1986 à New York). Sur ses lèvres pulpeuses, sur ses prestations à la télé, sur ses clips évoquant l’univers de David Lynch, sur le phénomène hype qu’elle a généré, etc.. C’est simple, à la rentrée, dans le microcosme musical et des médias, il n’y en avait que pour Lana.
Son petit passé dans la musique (elle débuta en 2008 avec un premier album « Lana del Ray » sous le pseudo Lizzy Grant) fut ainsi analysé dans les moindres détails pour y trouver des clés. Au point que l’on se demandait s’il ne s’agissait pas d’un produit marketing parfaitement lancé, avec le soupçon de mystère nécessaire pour attirer les projecteurs. Mais l’état de grâce est terminé. Et les critiques qui commencent à fuser de toute part sur les possibles plagiats, la plastique refaite à coup de collagène, le père qui paye la promo de sa fille chérie à ses débuts, ou comme sur sa prestation-échouage à l’émission Saturday Night Live, paraissent aussi démesurées que les couronnes qui lui ont été tressées il n’y a encore que 4 mois…
On avoue qu’on a été plutôt sur la réserve devant l’engouement, attendant la sortie de l’album Born to die le 30 janvier, pour juger sur pièces.
Et le résultat est plutôt agréable, dans la lignée de ses 2 premiers singles. Alors qu’un seul titre pouvait semer le doute sur l’honnêteté de l’univers, l’album entier confirme l’envoûtement que la voix de la créature provoque. On a particulièrement aimé Off to the Races, parfait numéro de femme-enfant au tonalité aigue. Tandis que Born to die suit sans surprise la voie-voix de femme fatale lancée par Video Games. Million Dollar man est ainsi un parfait exemple de Marylin Monroe sous acide…. Lana sait parfois associer ce ton enfantin avec des sonorités plus urbaines (Diet Mountain dew, Radio, Summertime Sadness).
Tout n’est pas à garder bien sûr (Dark Paradise). Et il semble, à regarder certain lives sur scène (cf le live ci-dessous à Toronto), que la demoiselle soit beaucoup moins sexy et langoureuse devant une caméra que devant un appareil-photo. Elle fait un peu potiche, il faut bien le reconnaître… Et le tout est trop bien produit pour être le seul résultat de sa seule inspiration. Mais la musique de Lana del Rey a le mérite de vous projeter immédiatement dans des films (plus ou moins avouables
) à l’aide de violons planants, de guitares « tarantinesques »,de bruitages et de sons enfouis dans nos souvenirs cinématographiques… Son image, mélange entre la série Mad men et les films de Sofia Coppola, n’y est pas pour rien. Alors on l’avoue : oui, on s’est laissé prendre dans les filets de cette Pin-up des années 60 à la voix et la moue boudeuses.
Et nous ne sommes pas les seuls, puisque la belle a battu le record de vente digitale en France, avec 17.000 exemplaires vendus en 1 semaine, le précédent record était détenu par David Guetta avec 11.000 ex de « Nothing but the beat ».
Pour écouter gratuitement Born to die – Lana del Rey sur Deezer.
Pour écouter gratuitement Born to die – Lana del Rey sur Spotify.
Lana del Ray – Off to the races
Lana del Ray – Radio
Lana del Ray – Summertime Sadness
Lana del Ray - Million Dollar Man – live in Toronto
Lana del Ray – Video Games – Saturday Night Live
http://www.dailymotion.com/videoxo30z1Lana del Ray – Lizzy Grant
Congratulations – MGMT
MGMT a trouvé la machine à remonter dans le temps… Si le précédent album ORACULAR SPECTACULAR s’était arrêté aux années 80 (comme beaucoup d’ailleurs), ils ont remonté l’aiguille avec leur nouveau vinyl CONGRATULATIONS (car on est en plein dans l’époque phare du vynil) jusqu’à une galaxie très très lointaine… Les années 70. Celles ou tous les chanteurs étaient cools, stones, s’habillaient en laine bio (avant que ce soit bon pour la planète), chantaient pour un monde meilleur, et pour inventer de nouveaux univers musicaux après la « dictature » du rock.
Ecoutez l’album CONGRATULATIONS sur Deezer
L’album a été produit par MGMT et Sonic Boom (Spacemen 3, E.A.R, Spectrum) et enregistré en 2009 entre New York et Malibu. Le duo composé par Andrew Vanwyngarden et Ben Goldwasser s’est entouré de Matt Asti, Will Berman, et James Richardson. MGMT a également travaillé avec la chanteuse du groupe Royal Trux, Jennifer Herrema. A noter que cet album s’est d’abord retrouvé sur le net, avant d’être proposé gratuitement sur le site du groupe. Il est dans les bacs depuis aujourd’hui.
Un album « tribute » aux années 70
Il faut le dire de suite, ceux qui ont aimé Kids ou Time to pretend ne s’y retrouveront peut être pas… CONGRATULATIONS est un album très osé par ses arrangements, hors des normes radio et télévisuels : il n’y a ainsi aucun single de prévu pour le promouvoir. Tout est inventif et époustouflant. Les arrangements sont très datés, riches comme savaient en proposer la pop britannique des Bowie, Beattles ou Queen. Avec beaucoup de chœur comme les Pink Floyds aimaient en saupoudrer leurs ouvres romanesques.
Le meilleur exemple est Siberian Breaks, une chanson de .. 12 minutes… (cela peut-il encore exister à l’heure du zapping radio ???). C’est notre titre préféré !!! Un pure BIJOU !!!
Sa première partie fait penser aux rythmiques des chansons françaises à la Adamo (écoutez, on à l’impression d’entendre Hervé Villard sur le couplet de Capri c’est fini chanter « nous n’irons plus jamais »….). Elle embraye ensuite sur une mélodie digne des Beattle repris par Justice, pour finir sur des mélopées à la Jean-Michel Jarre quand il jouait sur son FM7… Ce sont 12 minutes de bonheur.
Ce qui marque, c’est la maturité des mélodies et la façon d’interpréter ces chansons. Et elle donne aussi un coup de vieux à toute la pop française des Daft Punk/Air/Justice qui a repris aussi tous ces standards mais parfois en les « trahissant ». On a ici l’impression d’entendre un véritable tribute à une époque révolue.
Elle est tellement forte qu’elle surprend quand on pense à l’âge de ceux qui ont créé ce disque. D’où effectivement le doute que l’on pourrait avoir : est-ce juste un exercice de style, une sorte de patchwork d’une décennie riche musicalement mais reproduite par case, ou bien un véritable exercice de création et de ré-écriture. Je n’aurais pas la prétention de trancher. Je pense qu’il faut laisser le temps faire le tri dans ce météore.
Mais qu’on aime ou pas, il faut reconnaître l’inventivité et le charme de cet album. Un des meilleurs albums que j’ai entendu depuis des mois. Trop tôt pour parler de l’album de l’année mais il est en course !!
Le site de MGMT
Le Myspace de MGMT
A noter que MGMT sera en concert les 7 et 8 octobre au Bataclan de Paris, et le 14 décembre au Transbordeur de Lyon.
Le single Congratulations – Live – Memphis – Novembre 2009

