Congratulations – MGMT
MGMT a trouvé la machine à remonter dans le temps… Si le précédent album ORACULAR SPECTACULAR s’était arrêté aux années 80 (comme beaucoup d’ailleurs), ils ont remonté l’aiguille avec leur nouveau vinyl CONGRATULATIONS (car on est en plein dans l’époque phare du vynil) jusqu’à une galaxie très très lointaine… Les années 70. Celles ou tous les chanteurs étaient cools, stones, s’habillaient en laine bio (avant que ce soit bon pour la planète), chantaient pour un monde meilleur, et pour inventer de nouveaux univers musicaux après la « dictature » du rock.
Ecoutez l’album CONGRATULATIONS sur Deezer
L’album a été produit par MGMT et Sonic Boom (Spacemen 3, E.A.R, Spectrum) et enregistré en 2009 entre New York et Malibu. Le duo composé par Andrew Vanwyngarden et Ben Goldwasser s’est entouré de Matt Asti, Will Berman, et James Richardson. MGMT a également travaillé avec la chanteuse du groupe Royal Trux, Jennifer Herrema. A noter que cet album s’est d’abord retrouvé sur le net, avant d’être proposé gratuitement sur le site du groupe. Il est dans les bacs depuis aujourd’hui.
Un album « tribute » aux années 70
Il faut le dire de suite, ceux qui ont aimé Kids ou Time to pretend ne s’y retrouveront peut être pas… CONGRATULATIONS est un album très osé par ses arrangements, hors des normes radio et télévisuels : il n’y a ainsi aucun single de prévu pour le promouvoir. Tout est inventif et époustouflant. Les arrangements sont très datés, riches comme savaient en proposer la pop britannique des Bowie, Beattles ou Queen. Avec beaucoup de chœur comme les Pink Floyds aimaient en saupoudrer leurs ouvres romanesques.
Le meilleur exemple est Siberian Breaks, une chanson de .. 12 minutes… (cela peut-il encore exister à l’heure du zapping radio ???). C’est notre titre préféré !!! Un pure BIJOU !!!
Sa première partie fait penser aux rythmiques des chansons françaises à la Adamo (écoutez, on à l’impression d’entendre Hervé Villard sur le couplet de Capri c’est fini chanter « nous n’irons plus jamais »….). Elle embraye ensuite sur une mélodie digne des Beattle repris par Justice, pour finir sur des mélopées à la Jean-Michel Jarre quand il jouait sur son FM7… Ce sont 12 minutes de bonheur.
Ce qui marque, c’est la maturité des mélodies et la façon d’interpréter ces chansons. Et elle donne aussi un coup de vieux à toute la pop française des Daft Punk/Air/Justice qui a repris aussi tous ces standards mais parfois en les « trahissant ». On a ici l’impression d’entendre un véritable tribute à une époque révolue.
Elle est tellement forte qu’elle surprend quand on pense à l’âge de ceux qui ont créé ce disque. D’où effectivement le doute que l’on pourrait avoir : est-ce juste un exercice de style, une sorte de patchwork d’une décennie riche musicalement mais reproduite par case, ou bien un véritable exercice de création et de ré-écriture. Je n’aurais pas la prétention de trancher. Je pense qu’il faut laisser le temps faire le tri dans ce météore.
Mais qu’on aime ou pas, il faut reconnaître l’inventivité et le charme de cet album. Un des meilleurs albums que j’ai entendu depuis des mois. Trop tôt pour parler de l’album de l’année mais il est en course !!
Le site de MGMT
Le Myspace de MGMT
A noter que MGMT sera en concert les 7 et 8 octobre au Bataclan de Paris, et le 14 décembre au Transbordeur de Lyon.
Le single Congratulations – Live – Memphis – Novembre 2009
Head First – nouvel album de Goldfrapp
Le groupe Goldfrapp sort enfin son nouvel album HEAD FIRST. Disons le de suite : l’album aurait pu sortir dans les années 80, à l’image du single Rocket ou d’un titre comme Alive avec ses mélopées de vieux synthés. Alors ce n’est pas surprenant pour Goldfrapp, dont c’est l’une des marques de farbique… Mais ici, ils ont poussés l’exercice sans trop chercher à s’intégrer à notre époque.
Ecoutez gratuitement l’album Head First de Goldfrapp
Les chansons s’enchainent facilement, avec une sonorité dominante de Pop/new wave. On pense aux Pet Shop Boys, Orchestral manœuvre et autre New Order (Believer, Dreaming). Certaines sont plus proches d’un Moroder pour ses tubes dansant comme Maniac.
Les mélodies sont à l’envi, simples, efficaces, faites souvent de « ho ho ho »… et autre « ouhhh.. ». Elles se retiennent en une écoute, on peut les reprendre facilement, comme au bon vieux temps des tubes du Top 50 !!! La 2eme partie de l’album est plus intéressante, plus sombre, mélancolique. Comme ce Hunt ou Voicething qui font penser à Vangelis aux début des années 80 et son enivrant et effrayant Blade Runner.
Cet album fait parfois penser au virage qu’a voulu prendre Kylie Minogue, avec une chanson comme Shiny and Warm, arrangeant subtilement les vieux sons avec une rythmique très Pop/rock/Punk. A écouter. On a d’ailleurs l’impression d’entendre la belle australienne chanter comme sur I Wanna life.
Mais après une première écoute, l’impression est mitigée. Il est facile à écouter, pourrait rappeler de bons souvenirs aux plus de 30 ans. A ce titre, on le conseille à tous les fans de Pop/New wave des années 80. Mais va-t-il tenir la distance après plusieurs écoutes…. On n’est pas sûr… Mais ne boudons pas notre plaisir pendant quelques écoutes… et laissons lui le temps.
Voir le clip Rocket sur Youtube (l’intégration sur les sites est interdite par sa maison de production
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Soma – Jewel and the Orchestra
Un nouveau groupe très sympathique découvert hier sur Taratata.. qui arrive avec un premier album et un futur tube selon nous, The Backyard, même si ce n’est pas le premier single extrait
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En rapide, ils viennent d’Istres, ont déjà pas mal écumé les scènes françaises et ont fait plusieurs premières parties (Sansévérino, etc…). Mais ce qui nous intéresse, c’est leur premier album JEWEL AND THE ORCHESTRA, sorti ce mois-ci chez Sony. Vous pouvez écouter l’album
Classé sous Pop, Variété française Avec son cinquième album « LA SUPERBE », Benjamin Biolay signe pour nous l’album de l’année 2009. Et sans en rajouter, un album incontournable tant il est au-dessus de toute la production française actuelle. On en viendrait presque à souhaiter que Biolay ne soit pas happé par le succès (qu’il mérite depuis longtemps) tant son statut de génie incompris correspond parfaitement à son caractère et à la classe de ses chansons. Et pour être sûr qu’il ne soit pas souillé par la moindre préoccupation sur ce que l’on pourrait penser de lui et garder son talent intact, BRUT ! Réalisé au studio ICP à Bruxelles, et sorti en octobre 2009, La superbe est son premier album avec la maison de production Naïve chez qui il a signé en 2008. Et déjà son 5ème album depuis 2002. Un album ambitieux car sortir un double album, 23 chansons, à l’heure où les ventes d’album s’effondrent est un pari osé. La superbe est un journal qui se déroule sur un été et qui parle de la dérive des sentiments. Comme toujours, il mélange le chaud et le froid pour raconter nos petits bonheurs et malheurs : la mélancolie rageuse, la joie douce-amer. Le titre-phare de l’album est un résumé à lui tout-seul du génie des arrangements (sa marque de fabrique) et des violons « Biolaysque ». Ils sont toujours aussi ciselés, novateurs, incomparables actuellement avec quiconque sur la scène française. Il arrive à rendre accessible et populaire la classe des arrangements de ses maîtres anglais qu’ils citent en exemple. Quand je pense à Biolay, j’imagine un artisan qui peaufine ses chansons la nuit, seul, tourmenté, boulimique et en même temps nonchalant, qui étudie chaque son, chaque instant, chaque note pour rendre son ouvrage parfait. Souvent comparé à Gainsbourg pour la grâce et la classe de ses réalisations, il a aussi été très rapidement qualifié de personnage triste et prétentieux. Mais c’est simplement car il n’apprécie guère les studios télé et préfère se protéger derrière une façade peu avenante. Ses chansons, même si elle peuvent paraître désenchantées à la première écoute, méritent plus d’attention car elles expriment une force dans ses envies, une révolte dans la trahison. Tout sauf le renoncement ou l’ennui. On sent qu’il ne fait qu’un avec ses textes, et on ressent une honnêteté à fleur de peau, qui pourrait gêner parfois. Mais quand on connait un peu le personnage, on sait que, à l’instar de Gainsbourg, il n’y a aucune envie de se mettre en avant, de faire du voyeurisme avec ses blessures, ses doutes… Elles parlent simplement d’un quotidien crument, mais sans jamais être grossier. Son écriture très scénarisée renvoie forcément à un extrait de film (ce n’est peut-être pas un hasard s’il s’essaye d’ailleurs aussi au cinéma) Sur ce double album, on retrouve toujours des chansons rythmées, avec la « patte » Biolay (Assez parlé de moi). Mélange de guitares, de piano, de violons, de beat et de boite à rythme surement longtemps travaillés, de gimmick (le sifflement en fond) comme : - Lyon presqu’île Avec Jaloux de tout, il mélange avec génie les sonorités (piano-synthé dance, flow de paroles slammés) pour créer un univers qui n’appartient qu’à lui. Il ose ce que personne n’ose… Avec Tout ça me tourmente, il s’approche par exemple des arrangements qui font penser à Bjork, sur une mélodie incontournable. Et on a l’impression que Gainsbourg lui a murmuré les paroles un soir, ou un matin, bien arrosé… Une autre caractéristique de Benjamin : des paroles crues, concrètes, sur une mélodie classieuse. - Ton héritage - Brandt Rhapsodie Avec Jeanne Cherhal L’autre BIJOU de cet album dans cette traduction tellement parfaite de notre époque, de certaines vies. La prédiction quasi-chirurgicale, mais tellement proche d’une histoire qu’on a tous forcément un moment connu pourrait faire froid dans le dos. Mais il faut écouter l’ensemble de l’album pour savoir que Benjamin Biolay n’est pas désabusé… juste réaliste. Et que l’espoir, ou la musique, fait vivre. - Avec Padame (interprété ici en live lors d’un concert du 5eme étage), il signe une nouvelle fois une ritournelle inclassable, moderne, inoubliable, qui vous reste en tête (on lui souhaite de rester dans l’inconscient populaire comme son illustre prédécesseur de Madame Piaf). http://www.dailymotion.com/videoxaw8z1 Night shop Si tu suis mon regard : Si cette chanson n’est pas futur TUBE , on ne sait plus ce que c’est… : Toute la POP anglaise est réunie dans cet écrin. On ne sait quelle chanson choisir (allez, une dernière si vous hésitiez encore : écoutez attentivement les grands ensembles) pour donner envie l’écouter cet album, tant TOUTES LES CHANSONS SONT SUPERBES. Ne passez pas à côté de l’album de l’année. Même si ce n’est pas une surprise pour ceux qui ont chez eux A l’origine, Trash yeye, Rose Kenedy ou Négatif, la chanson française se doit de reconnaître Benjamin Biolay comme le digne successeur (ou un fils adoptif qui réunirait le meilleur de ses modèles) de Gainsbourg, Daho et Bashung. Ecoutez gratuitement l’album LA SUPERBE sur Deezer - Lyon presqu’île Live 2009 Chanson du 5eme étage http://www.dailymotion.com/videoxaw8z0LA SUPERBE – Benjamin Biolay
6 janvier 2010 par Lionel
L’histoire de l’album
La superbe en détail
Nos chansons préférées de LA SUPERBE
Voici l’un des chefs d’oeuvre de cet album. Arriver à faire du neuf avec la sempiternelle descente d’accords de piano paraissait impossible.. Il y rajoute des nappes de violons et des voix/choeurs qu’on ne pourrait décrire si ce n’est qu’elles viennent de l’au-delà pour créer une mélodie lancinante, de plus en plus prenante et qui vous hante. Et que dire des envolées folles et perdues de ce saxo qui semble appeler au secours.
Ecoutez La superbe si vous aimez…
Les anecdotes sur l’album
En bonus : live, interview
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