Björk – la femme orchestre
Björk Guðmundsdóttir est un ovni musical. Née en 1965 à Reykjavík en Islande, élevée au sein d’une communauté hippie mais formée à la musique de manière on ne peut plus traditionnelle, étudiant le piano, la flute et les compositeurs classiques, cette artiste hors pair enregistre son premier album à l’âge de… onze ans. Le succès viendra avec The Sugarcubes, groupe qu’elle quittera à son apogée en 1992 pour entamer une carrière solo.
Touche-à-tout de génie, elle sait s’entourer des meilleurs pour créer des albums tous plus originaux les uns que les autres, tant dans les arrangements (orchestraux pour DANCER IN THE DARK, par exemple) que dans l’utilisation de sa voix si particulière. Puissante (voir Pagan Poetry dans l’album VESPERTINE), agile (Hunter dans l’album HOMOGENIC), sublime dans des arrangements vocaux complexes (comme les choeurs de Unravel, toujours dans l’album HOMOGENIC), elle est la marque de fabrique d’une chanteuse déjantée qui semble échappée du Magicien d’Oz, de Peau d’Âne ou d’un autre monde irréel (DEBUT – Like Someone In Love.)
La puissance émotionnelle de ses chansons, que d’aucuns jugeront parfois excessive, peut donner l’impression que l’univers de Björk est plus triste que mélancolique. Mais en écoutant 5 Years (HOMOGENIC) qui semble exorciser une rage et un besoin d’évasion, on se dit que cette tristesse est partie intégrante d’un univers fait d’innocence et de comptines pour enfant. Et on y voit une nostalgie qui, mêlée à une énergie débordante, reflète la complexité de l’artiste et la richesse de son oeuvre.
Notre sélection subjective des albums de Björk
Les deux premiers albums de Björk DEBUTen 1993 (Ecoutez DEBUT sur Deezer) et POST en 1996 (Ecoutez POST sur Deezer) posèrent les bases de son style électronique pur et intelligent. Immédiatement, elle a réussi l’exploit de séduire à la fois les puristes avec une musique sans compromis (Violently Happy, Big time sensuality) et le grand public (Human Behaviour). Au point d’être vite repérée en 1994 par Madonna pour lui écrire une chanson typiquement « Björkienne » Bedtime Story (Ecoutez Bedtime Story) dans l’album éponyme de la star. La chanson et le clip sont une réussite dans le style un peu onirique !!!
Dans la même veine électro, les titres Army of me ou le somptueux Hyperballad continuent de définir l’univers sans comparaison, aidée en cela par les clips réalisés par son alter-ego cinématographique, le français Michel Gondry. Le tube (et reprise) It’s oh so quiet apparaît dans cet enchainement de tubes comme une parenthèse surprenante, si ce n’est de sa volonté de pouvoir tout essayer.
L’album HOMOGENIC en 1997) (Ecoutez Homogenic sur Deezer) imprime une ère plus trip hop, et annonce l’arrivée de nouveaux instruments, l’ouverture à un univers musical sans limite. A l’image de Joga, Björk assume son désir de casser les barrières entre les instruments acoustiques et digitaux… Et s’intègre parfaitement dans la lignée des Massive Attack, Radiohead, ou de notre française Emilie Simon un peu plus tard. Avec probablement ce petit «plus» mélodique et vocal, et ce petit grain, qui créent un univers incomparable. Mais globalement l’album conserve toujours des bases électro, comme le « hardcore » Pluto.
La BO du film DANCER IN THE DARK (Ecoutez des extraits) est une réussite pour moi dans le style magistral. Björk réussit de main de maître un album mêlant orchestre et sons divers, comme Cvalda, basé sur des bruits issus de machines dans une usine. Le morceau Ouverture du film est un morceau orchestral gigantesque de 4 minutes, sans aucune image à l’écran lors du générique du film. On retrouve aussi dans ce disque le goût pour la comédie musicale de la petite fille (I’ve seen it all), période Legrand et ses Parapluies, qu’on avait déjà compris avec It’s oh so quiet.
L’album VESPERTINE (Ecoutez VESPERTINE sur Deezer) est l’album de la maturité (2001) et de la douceur, la substance même de ce qu’elle sait faire de mieux : des mélodies lyriques/baroques (Unison, Harm of Will), des arrangements ethniques (Hidden place), électro (Cocoon, Aurora) et des délires psychotiques (An echo a stain). Et surtout une tristesse, lancinante, qu’on ressent dans la plupart des chansons, avec le joyau de Bjork pour moi, Pagan Poetry.
Mon album préféré !!!
Le site français de Björk
Le myspace de Björk
Le site officiel de Björk
Ecoutez Bjork si vous aimez
- Le trip hop, l’éléctronique (Pluto),
- Les voix hors-normes : folle, rageuse et enfantine
- Les instruments « ethniques » comme la harpe (DEBUT/Like Someone in Love, HOMOGENIC / All is full of love, VESPERTINE /Frosti) et orchestraux (Bachelorette, DANCER IN THE DARK)
- Les univers un peu oniriques
Nos chansons préférées de Björk
- Si vous ne devez écouter qu’une chanson : VESPERTINE / Pagan Poetry
- Tout l’album VESPERTINE, notamment Unison et Hidden place
- Les chansons représentatives de son style : VESPERTINE / Unison, ou l’électro énergique de POST / Hyperballad
Hidden place – Björk – Video live
Hyperballad – Björk – Video live
All is full of love – Björk – Video
Human behaviour – Björk – Video
Arnaud Fleurent-Didier
Classé sous DECOUVERTE, Pop, Variété française
4 janvier 2010 par Lionel
Avec son dernier album « LA REPRODUCTION », Arnaud Fleurent-Didier est déjà cité par le Nouvel Obs comme la révélation 2010. Il est vrai que son album est une ode à la chanson française, et que ses pairs ne sont autres que Polnareff, Gainsbourg, Christophe ou autre Sheller. Le premier extrait France culture est digne des meilleurs productions de Benjamin Biolay.
Tout a commencé…
Sa carrière a commencé au Japon en 1998 (Chansons françaises) suite à la parution d’un article sur lui dans le magazine Magic, vu par un importateur japonais. Rentré en France en 2004, il sort l’album Portrait d’un jeune homme en artiste qui rencontre un succès d’estime (souvent cité comme un somptueux hommage à la chanson française). Il évoque le cheminement d’un homme vers un accomplissement artistique qui s’avérera être le disque lui-même. Il travaille sur une chanson avec Katerine (1 rue Jacquemont). Sorti le 4 janvier 2010, l’album La Reproduction est aussi un « concept album » qui porte sur les questionnements d’un homme, mais face au désir de se reproduire…. Tout au long de l’album, on découvre les mésaventures de notre imbécile heureux (chanson amusante sur la rencontre) qui réalise à un moment qu’il ne doit pas être trop exigeant s’il veut arriver à ses fins…
La musique de Arnaud Fleurent-Didier
J’ai découvert Arnaud Fleurent-Didier à Taratata (en image ci-dessous comme on dit). Et la chanson France culture fut pour moi une révélation : par ses évidentes similitudes avec Benjamin Biolay pour les arrangements, ses violons, et un phrasé « fatigué », nonchalant. Par la mise-en-scène aussi, sobre mais efficace pour mettre en avant cette litanie de constats qui fait un adulte sur ses parents vieillissants et sur son enfance… Sans jugement, sans regret, froid… Et en même temps semble-t-il très aimant. Arnaud a d’ailleurs déclaré lors de cette interview qu’elle était en majorité autobiographique. Le texte me fait penser à «On n’a pas tous eu la chance d’avoir des parents communistes». Cette chanson est la déclaration d’un enfant-adulte Bobo « à droite » à ses parents « gaucho», de l’incompréhension face à ses parents..
Sa musique a parfois le côté désuet des chansons des années 60/70 (Vincent Delerm dit de sa musique «qu’elle est aussi belle que celle de Peau d’âne»). Cela est dû aux arrangements très simples, ou le rythme du piano par exemple est important (comme les bon vieux Delpech) comme sur Risotto aux courgettes. Mais c’est aussi une très jolie voix douce, fragile parfois à la Christophe. Et le personnage semble décalé, avec un peu son allure de Gaston Lagaff dégingandé, maladroit et sympathique par ses textes parfois frais, ou crus, ou faussement naïfs…
Nos chansons préférées de LA REPRODUCTION
Ecoutez gratuitement l’album LA REPRODUCTION sur Deezer
Bien sûr, il y a France Culture… Mais cette chanson ne reflète pas la couleur de l’album, plutôt léger, drôle, désuet….
Il y a Reproductions : une magnifique mélodie, sur une musique mélange de disco-dance actuel. Et des accords de piano dignes des meilleures chansons des années 70.
Ne sois pas trop exigeant est la chanson qui emprunte le plus au Polnareff des années 70 pour les choeurs enjoués, sautillants, et à Michel Legrand pour les arrangements.
My space oddity est une très jolie chanson, un peu fofolle, qui ne dépareillerait pas parmi les slows au piano de Polnareff de la grande époque (La belle veut sa revanche ou Sous quelle étoile suis-je né).
Et écoutez le premier repas qu’il prépare pour sa dulcinée… un Risotto aux courgettes. Une chanson aux xième degré, mais ou sa voix à la douceur, le phrasé de Christophe… un petit bijou, que les arrangements et les sons (la vaisselle ou un fouet digne de Michael Jackson) mettent en valeur.
Ecoutez Arnaud Fleurent-Didier si vous aimez…
- Michel Polnareff pour sa voix et les arrangements très sixtees
- Michel Legrand, Michel Delpech, Christophe pour les années 70
- Serge Gainsbourg pour les textes
- Benjamin Biolay pour le single « France culture »
A noter
- Même s’ils ne font pas la même musique, il est pote avec les groupes Phoenix, Air, Daft Punk. Ils ont cependant en point commun d’être très vigilant à leur image (voir le site de Arnaud Fleurent-Didier French Touche).
- Arnaud Fleurent-Didier sera en concert à Paris le 18 janvier au Mery et le 14 avril au Printemps de Bourges
En bonus : live, interview de Arnaud Fleurent-Didier
En savoir plus
- Le site de LA REPRODUCTION
- Le groupe LA REPRODUCTION sur facebook
- Myspace de Arnaud Fleurent-Didier
- Regardez la presse déjà très élogieuse, et ce même à l’étranger (Angleterre, Allemagne)
- Téléchargez légalement l’album LA REPRODUCTION pour seulement 6,99 €
Hugh Coltman
Classé sous DECOUVERTE, Pop
3 janvier 2010 par Lionel
Avec son premier album « STORIES FROM THE SAFE HOUSE », et notamment le single « Could you be trusted« , le chanteur anglais Hugh Coltman les a toutes faites craquer en concert. Mais c’est un artiste complet, jazzy, folk et pop qui devrait connaître un grand succès dans les années à venir à la mesure de ses talents de crooner et songwriter.
Tout a commencé…
Né en Angleterre près de Bristol, il arrête rapidement ses études de théâtre pour faire parti d’un groupe The Hoax pendant 7 ans. Il écumera ainsi les petites salles de concerts en Europe et aux Etats-Unis. Quand le groupe se sépare, il débarque à Paris. Il n’en n’est jamais parti et semble bien tombé amoureux … Il parle ainsi très bien français. Il est en concert régulièrement depuis 2008 et la sortie de son album.
La musique de Hugh Coltman
Sorti en octobre 2008, le premier album de Hugh Coltman a rapidement fait parler de lui. Il est souvent comparé à Charlie Winston pour les sonorités (mélange de guitare, piano, ukulélé, harmonica qu’ils jouent comme un grand). Mais sa voix chaleureuse, swingante et ses très jolies harmonies créent un univers enveloppant, spécifique.
On s’imagine souvent l’écouter dans un piano-bar enfumé jazzy (Ballad of a sad young man) dans lequel Chet baker aurait pu errer (ils ont d’ailleurs le même profil je trouve)… Il a d’ailleurs grandi dans l’univers Jazz (John Coltrane) que sa mère écoutait.
Hught Coltman c’est une VOIX : magnifique, cassée, usée mais puissante. Il a tout pour être le crooner des prochaines années…. Elle lui permet de passer de ballades aux sonorités Blues, aux chansons plus légères Pop/folk.
Et en plus, il est sympathique, accessible. Et c’est semble-t-il une bête de scène…. Tous ceux qui l’ont vu cette année ne s’en remettent pas à les lire… Ne le louper pas donc tant qu’il passe dans des petites salles…
Nos chansons préférées de Hugh Coltman
Hugh Coltman passe facilement d’un style à l’autre. De l’entrainant Could you be trusted (très Michael Bublé) au plus cool/jazzy On my Hands ou Where did the day go (aux arrières sons de Pink Martini). De la superbe ballade piano/voix comme « Ballad of a sad young man » au magnifique « The moon caught in a tree« .
Les chansons plus joyeuses (Sixteen, le reggae Magpie) sont piles dans l’air du temps, le Yukulélé en plus
. Mais n’est-ce pas une qualité que d’être en phase avec son époque ? Et il a le don pour nous faire voyager : écoutez par exemple All the lovers come and go these days (sa voix y prend des accents de Stevie Wonder) : on se croirait sur une île loin.. loin… Avec Hugh juste pour nous.
Ecoutez gratuitement l’album Stories from the safe house sur Deezer
Ecoutez Hugh Coltman si vous aimez…
- Charlie Winston pour le style
- Damien Rice pour la beauté de la voix et des compositions
A noter
- Hugh Coltman sera en concert à La maroquinerie à Paris le 30 janvier 2010. A priori à ne pas manquer en concert !!!
En bonus : live, interview
- Voices Live au Point Ephemere en 2009
- Reprise de Nature Boy
- On My hands Live à La Flèche d’Or 2009
- Reprise de Jealous guy Live à Taratata 2009









